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Pour son
cinquième roman, Guillaume Musso nous entraine dans une
course contre la mort. Ethan n'a que 24 heures pour
découvrir
qui veut le tuer, retrouver la femme de sa vie, redonner le
goût de vivre à une ado dépressive,
réparer toutes ses erreurs et
trouver la réponse à La grande question :
sommes-nous maître de notre destin ? |
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Le
premier livre dont vous gardez souvenir ?
Belle du
seigneur d'Albert
Cohen, que j'ai lu quand j'avais dix huit ans. Ce livre
m'a beaucoup appris sur les relations humaines,
particulièrement sur les relations entre les hommes et les
femmes. |

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Quelles sont les
lectures qui ont bercées votre enfance ?
J'ai lu beaucoup de B.D quand j'étais jeune, et mes
préférées étaient de loin
les Tintin. Entre
toutes,Tintin au Tibet.
Certaines images me
reviennent même très nettement à
l'esprit, comme ces sommets enneigés... Et elles prennent
une autre dimension, lorsque plus tard on en comprend la symbolique. |

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Votre
livre de chevet à l'adolescence ?
Les albums de Les Hauts de
Hurle-Vent d' Emily
Brontë est l'ouvrage qui a
marqué le plus mon adolescence. Ce livre symbolise pour moi
l'essence de la passion. Le romantisme et l'amour dans ce qu'ils ont de
plus violent. |

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Quel livre relisez -vous
le plus souvent ?
Le Cercle de la
croix de
Iain Pears.
Ce livre est passionnant dans sa vision qu'apporte chacun
des personnages de l'histoire. Cela nous ouvre à des
perspectives inattendues. Il est pour moi d'une construction de
récit éblouissante. |
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Celui
que vous auriez aimé écrire ?
Je ne suis pas jaloux du
succès des autres. Mais j'aimerais avoir écrit un
grand livre. Un livre que tous les auteurs aimeraient avoir
écrit. Un livre universel, intemporel. Un livre comme Le
petit prince de Saint
Exupéry. |
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Quel
est le livre qui vous a le plus ému ?
Le bizarre
incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon. Parce que
l'émotion vient justement du manque d'émotions
que ressent le personnage du livre. De cette distance qu'il a, face aux
événements qui l'entourent. |
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Quel
livre avez-vous offert le plus souvent ?
Belle du
seigneur d'Albert
Cohen , les poésies d'Aragon. |
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C'est
à l'âge de 10 ans que Guillaume Musso
découvre la littérature et décide que
lui aussi, un jour, écrira des romans.
De son séjour à New-York, alors qu'il est encore
étudiant, il en conservera son amour pour cette ville
où tout est possible
et des idées plein la tête pour ses futurs romans.
Après une licence de sciences économique, il
débute une carrière d'enseignant et publie en
2001 son premier livre : Skidamarink. Le succès de son
second roman Et après confirme son talent et le propulse
rapidement comme le deuxième romancier français
le plus vendu.
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Dans votre dernier roman, tout comme Elliott
dans Seras-tu là ? , Ethan tente de
modifier le cours de son
existence, en revenant sur certains actes, certaines paroles qu'il a
eu... On a pourtant l'impression que même si Ethan est
maître de sa vie, il n'en est pas pour autant
maître de son destin...
Dans cette histoire, la dimension surnaturelle n’est
qu’un prétexte pour aborder, sous des abords
ludiques et légers, des thèmes plus profonds : la
perte de l’amour, l’absence de
l’être aimé, la fragilité de
l’existence et la responsabilité de nos choix.
Comme la plupart de mes romans, celui-ci peut se lire à
plusieurs niveaux. On peut choisir de se laisser emporter par
l’histoire, mais on peut aussi y voir une
réflexion sur le thème de la deuxième
chance et de la rédemption. Malgré leur
côté très moderne, mes histoires
prennent souvent leur source dans la mythologie. C’est le cas
ici où la répétition des
journées renvoie par exemple au mythe de Sisyphe.
Enfin, dans ce livre, à travers deux personnages,
s’affrontent deux conceptions du monde : une qui pense que le
déroulement de notre existence est
déjà écrit quelque part et une autre
– influencée par le bouddhisme - qui accorde plus
de place à la liberté de nos actions.
L'amour est un de vos
thèmes de prédilection, mais les histoires
d'amour vécues par vos personnages sont souvent des
relations tumultueuses avec des ruptures, et rarement le sentiment
amoureux est vécu sereinement. Dans Je reviens te
chercher,
Ethan et Céline n'arrivent pas à vivre ensemble
bien qu'ils soient amoureux fous l'un de l'autre... Le grand amour
serait-il seulement un amour impossible ?
J’espère bien que non ! En tout cas,
c’est vrai que l’amour est la matière
première de tous mes livres. Je pense qu’il est
comme l’oxygène : si on en est privé
trop longtemps, on finit par en mourir. Et puis, c’est
l’amour ou le manque d’amour qui guide une bonne
partie des comportements humains. Pour reprendre la formule de
Christian Bobin : « C’est toujours de
l’amour dont nous souffrons même quand nous croyons
ne souffrir de rien. »
Le film, adapté de votre roman Et après sortira à l'automne 2008. Le fait que le cinéma
s'intéresse à vos romans a-t-il changé
votre façon d'écrire : pensez-vous
désormais dès l'écriture du livre,
à l'adaptation cinématographique qui pourrait en
découler ?
Dès mon premier roman, on a dit de mon écriture
qu’elle était cinématographique. Ce qui
est certain, c’est que je fais partie de la
génération magnétoscope : celle qui a
découvert les films non pas dans les ciné-clubs
mais directement sur le petit écran avec la
possibilité de passer et repasser la même
scène, autrement dit, la possibilité de
« déconstruire » le film et
d’en assimiler plus facilement les fondations et les
techniques. Il est évident que cela a eu une influence sur
ma façon d’écrire, avec un
côté visuel, une structure très
découpée et une tension qui court tout au long de
l’histoire.
Quant au film tiré de Et
après…, il
sort le premier octobre 2008. Je viens d’en voir un premier
montage et j’ai été emballé.
Dès les premières images, on baigne dans une
ambiance poétique, dramatique et mystérieuse. La
tension est permanente mais c’est surtout
l’émotion que dégage le film qui
m’a particulièrement touché. Certaines
scènes sont poignantes et continuent à vous
hanter bien après la fin de la projection. En plus, il y a
un casting de rêve ! On éprouve de l'empathie pour
le personnage joué par Romain
Duris et on est sans voix
devant John Malkovich.
Quant à Evangeline Lilly,
l’héroïne de la série Lost,
elle illumine le film de sa présence.
Le fait de revivre
sans cesse une même journée, n'est pas sans
rappeler le film Un jour sans fin, et votre
personnage lui
même y fait allusion. Les films ayant une dimension
surnaturelle vous ont-ils influencé dans la façon
de construire vos romans
J’admire tout particulièrement certains films
américains des années 40 qui sous des abords
divertissants abordent en fait des questions cruciales : It's a
Wonderful Life de Frank
Capra, La
Féline de Jacques
Tourneur, The
Ghost and Mrs. Muir de Joseph
Mankiewicz. Plus
récemment, Wim Wenders
avec Les Ailes du
désir et Alan
Ball dans la
série Six Feet
Under ont
également emprunté ce détour par le
surnaturel pour parler du deuil et de la condition humaine. La
filmographie de Hitchcock
ainsi que les premiers films de M.
Night
Shyhamalan ( 6th
Sens, Incassable…) sont
également une source d’admiration.
Chaque chapitre de vos romans
est précédé d'une citation
tirée d'une chanson, d'un livre, d'un film... Sont-elles,
pour vous, une source d'inspiration pour l'écriture de ces
derniers ; ou les avez-vous choisies après coup, pour
annoncer le thème du chapitre suivant ?
C’est une habitude que j’ai depuis que
j’ai 15 ans : je note dans un carnet ou dans mon ordinateur
les phrases ou les répliques qui provoquent chez moi une
émotion ou une réflexion. Elles ne sont pas
vraiment une source d’inspiration pour écrire,
mais plutôt un petit « bonus » pour
résumer l’atmosphère ou la couleur
d’un chapitre, illustrer ou contrebalancer une
idée…
Le thème du regret
est souvent abordé dans vos romans. Dans Je
reviens te
chercher, Ethan, lorsqu'il comprend qu'il vit sans doute sa
dernière journée sur terre, met tout en oeuvre
pour « racheter les erreurs de toute une vie ». On
peut dire que c'est le propre de l'homme de revenir sur son
passé et de se dire qu'on aurait pu mieux faire si
seulement... Vous-même, si vous aviez la
possibilité de modifier votre passé, que
changeriez-vous ?
J’ai choisi définitivement d’essayer de
vivre pleinement dans le présent. Pour beaucoup de
philosophes, le passé et le futur sont en effet les deux
plaies qui minent notre vie quotidienne. Nous sommes constamment
tiraillés par, d’un côté, la
nostalgie et les regrets liés au passé et, de
l’autre, l’espérance et les projets
liés au futur. Le risque étant bien entendu de
passer à côté de la seule «
vraie » vie : celle du moment présent.
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| Portrait réalisé par Emilie, libraire decitre.fr, mai 2008. |
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